Alopécie chez la femme : interview-témoignage d’une superwoman qui en est touchée

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Alopécie chez la femme : interview-témoignage de C. une superwoman qui en est touchée

C’est un sujet important à partager pour mieux s’y connaître et mieux déceler ce problème. Et c’est également un sujet important à connaître en tant que coiffeur, pour aider à déceler l’alopécie, conseiller et accompagner ses clientes de la meilleure manière, en comprenant également bien ce qu’elles peuvent vivre, leur ressenti, et en faisant aussi très attention à les mettre à l’aise et à les rassurer.

Ce nouvel article est une interview-témoignage d’une superwoman qui a accepté de répondre à nos questions et de se livrer à nous. Une superwoman, oui, car il faut du courage pour parler de certaines choses. L’alopécie chez la femme est, en général, plus difficile à vivre que chez un homme. Même si pour les hommes aussi, évidemment, ça peut être difficile. Mais disons qu’un homme chauve peut facilement rester sexy, alors que pour une femme c’est différent à vivre, surtout dans ce monde où l’image de la femme est souvent associée à des images de cheveux longs, à des coiffures volumineuses pleines de rajouts et d’extensions… On va donc parler de l’alopécie au féminin avec notre invitée qui en est atteinte et qui a bien voulu nous partager sincèrement son vécu.

Alopécie chez la femme

Sophia du Blog de la Coiffure : Tu m’as dit que tu es atteinte d’alopécie. C’est un sujet qui touche énormément de personnes. Du coup, c’est gentil de ta part de bien vouloir nous partager ton expérience, car ça pourra sûrement aider d’autres personnes.

Peux-tu commencer par nous décrire tes cheveux à la base, ils étaient comment ? Avais-tu une bonne épaisseur de cheveux ou bien normale ? Faisais-tu plein de choses à tes cheveux (coloration, etc.) ou bien avais-tu les cheveux naturels ? Raconte-nous un peu la vie de tes cheveux avant l’alopécie, stp ; )

C. : A l’origine, j’avais une crinière exceptionnelle ! On m’en faisait beaucoup de compliments et c’était vraiment mon atout. J’avais de très longs cheveux raides et une importante densité.
J’avais une bonne nature, car malgré plein de colorations et décolorations (souvent maison avec des boîtes de supermarchés lorsque j’étais adolescente !), ils restaient longs et nombreux. Mais il ne faut pas se méprendre : l’alopécie n’est en aucun cas déclenchée par les colorations et autres malmenages tels que les fers à lisser-boucler.

Sophia du Blog de la Coiffure : Quand (vers quel âge environ) et comment as-tu commencé à comprendre qu’il y avait peut-être un souci plus important que ce que tu pensais dans ta chute de cheveux ? (Quand la chute de cheveux a commencée ? Quand as-tu commencé à t’en inquiéter ? Combien de temps elle a duré avant que tu te poses certaines questions ? Qu’est-ce qui a fait que tu t’es rendu compte que ça devenait important ?)

C. : Du jour au lendemain, j’ai commencé à perdre des cheveux par mèches. J’en retrouvais partout. J’ai d’abord pensé à une mue saisonnière : lorsqu’on a beaucoup de cheveux, on a l’habitude d’en retrouver partout. Même si cette chute était inhabituelle, je n’ai commencé à m’inquiéter que deux mois plus tard lorsque je commençais à pouvoir sentir que ma densité s’était réduite. Les sensations changent : lorsqu’on se touche la tête, on sent la forme du crâne au travers des cheveux, on se met à sentir la pluie couler sur le cuir chevelu, et quand l’hiver arrive, on découvre la véritable fonction des bonnets !

Ma chute s’est stabilisée et je me suis dit que j’allais devoir patienter de longues années avant de retrouver ma chevelure d’avant… Ce qui ne s’est jamais produit.

Sophia du Blog de la Coiffure : As-tu des personnes dans ta famille qui sont également atteinte d’alopécie ou pas ? Ou est-ce que l’alopécie vient d’un choc émotionnel ou de stress intense ? Connais-tu la cause de ce qui a pu causer ton alopécie ? 

C. : Dans ma famille, tout le monde est très chevelu. Même les hommes. Il faut savoir qu’il existe plusieurs types d’alopécies : la pelade pour laquelle il existe peu d’explications, on la met parfois sur le compte de chocs émotionnels ou de maladies auto-immunes. Elle se manifeste soit par plaques (des trous sans cheveux) ou elle est universelle : aucun poils ni cheveux ! L’alopécie liée à un traitement (Ex : connu : chimiothérapie). Les alopécies conséquences d’autres maladies ou infections (les dermites et autres peuvent faire tomber les cheveux, car ils se retrouvent étouffés par exemple), les alopécies de traction qui atteignent souvent les femmes se tressant très régulièrement les cheveux de façon très très serrée ou avec des extensions qui pèsent et l’alopécie androgénétique (et d’autres sous-familles.) C’est celle dont je suis atteinte. Elle est liée à la génétique et aux hormones. C’est tout. Ceux qui disent le contraire sont des charlatans. Alors oui : c’est sûr qu’avec des cheveux fragiles c’est toujours mieux de manger équilibré et d’éviter les produits chimiques, mais c’est valable pour tout.

Dans mon cas et dans celui d’énormément de femmes, c’est l’arrêt d’un traitement hormonal qui a causé la chute. C’est extrêmement fréquent (deux à trois femmes sur dix), mais ça se dit peu. On aime bien dire que la pilule et autres hormones sont sans conséquences. Avant la généralisation des pilules, ça touchait surtout les femmes ayant des dérèglements hormonaux ou ayant atteint la ménopause (on voit souvent des dames âgées avec le crâne clairsemé).

Sophia du Blog de la Coiffure : Du coup, qu’as-tu commencé à faire ? As-tu consulté un (ou plusieurs) spécialiste(s) ? Si oui peux-tu nous partager ce qu’ils t’ont dit et conseillé ?

C. : Il faut savoir que la chute de cheveux provoque tant de détresse chez les hommes et les femmes, qu’il en ressort un business juteux. On entend donc tout et n’importe quoi. Les gens sont prêts à tout pour retrouver leur chevelure.

J’ai fini par consulter (des années plus tard, quand j’ai vu que rien ne repoussait et que mes cheveux s’affinaient et diminuaient petit à petit) un dermatologue spécialiste des cheveux qui m’a fait des tests et m’a annoncé la nouvelle.

Il a été très peu humain et a voulu me prescrire un traitement “miracle”. J’ai eu le bon sens de me dire que si les miracles existaient, il y aurait moins de chauves et j’ai mené mon enquête.
Il faut savoir que c’est un traitement quotidien qui ne peut plus être arrêté une fois démarré. C’est donc très lourd avec de nombreux effets secondaires et contraignant dans une vie (le plus énoncé est qu’il ne peut pas être pris pendant la grossesse, certaines femmes le découvrent trop tard…)

Sophia du Blog de la Coiffure : En as-tu souffert ? Comment as-tu vécu la chose ? (Pour partager avec les personnes qui souffrent de ça également.)

C. : J’ai pleuré pendant un an. Je culpabilisais en plus de me mettre dans cet état pour quelque chose d’aussi superficiel. Tout me rappelait ma condition. Les pubilcités, les conversations des autres, leurs nouvelles coupes, les inconnus, les hommes chauves. Cela a été très difficile.

Je n’ai pas pu en parler pendant longtemps tellement c’était douloureux. J’ai finalement trouvé des gens désintéressés de mon physique et très empathiques. Des amis ont pleurés avec moi, d’autres m’ont dit avec une grande sincérité que les cheveux ne servaient à rien. Cela m’a fait du bien de pouvoir raconter mon parcours, car après le diagnostique, il a fallu remonter la pente.

Sophia du Blog de la Coiffure : Aujourd’hui peux-tu nous dire tes solutions ? (Toutes tes solutions et compléments en vitamines, etc.) Ce qui a changé dans ta vie par rapport à l’alopécie ? (Ce que tu as mis en place ? Tes nouvelles habitudes capillaires ?)

C. : J’ai essayé des millions de choses. De l’assainissement des produits utilisés aux compléments alimentaires. j’ai changé mon alimentation, la matière de mes taies d’oreillers, celle de ma brosse à cheveux. Ça ne change rien. Je n’ai jamais vu aucune différence. Visuellement, ils ont meilleure allure s’ils sont propres et séchés au sèche-cheveux. Occasionnellement, je densifie la racine avec des poudres. J’essaye de faire des coiffures pour limiter l’effet “queue de rat” (le plus visible n’est pas le manque de densité, mais l’affinement et l’irrégularité de mes longueurs qui donnent un aspect particulièrement négligé ainsi que la racine qui garde un aspect “gras”).

Mais la solution que j’ai trouvé pour me supporter en photo est de porter un complément capillaire. C’est comme un morceau de perruque (ou une “moumoute” qu’on voit sur les hommes !) qui se pose sur le dessus. Le mien tient avec des clips et s’enlève le soir, d’autres se tissent ou se collent.

Mais ça aussi a été un parcours du combattant pour faire le tri entre les matières, les marques, les couleurs, les densités, oser sortir avec, y mettre le prix, l’entretenir… C’est une nouvelle routine que je ne suis pas encore prête à vivre quotidiennement. Je crois aussi que j’ai peur d’oublier à quoi je ressemble sans, notamment dans ma vie sentimentale, car les contraintes sont nombreuses avec un complément capillaire.

Sophia du Blog de la Coiffure : Que conseillerais-tu aujourd’hui à une personne qui a une grosse chute de cheveux et qui ne s’en inquiète pas trop ?

C. : C’est génial ! Si cette personne y est indifférente, les autres le seront aussi. Beaucoup de gens sont touchés et s’en moquent, et c’est tout ce que je leur souhaite. Il n’y a pas lieu de s’en inquiéter, car on ne peut rien faire contre la génétique ou les conséquences hormonales irréversibles, alors le mieux est encore de ne pas s’en inquiéter et vivre !

Sophia du Blog de la Coiffure : Et que conseillerais-tu aux personnes qui viennent d’apprendre qu’elles sont atteintes d’alopécie et qui le vive mal ? Qu’aurais-tu à leur dire ?

C. : Qu’il va leur falloir du courage. Mais je pense qu’un jour, en vieillissant, nous serons nostalgiques du temps où nous n’avions mal qu’à l’âme. On peut courir, voyager, boire, travailler. Se faire à son image est difficile et si le diagnostic de l’alopécie occasionne de bonnes résolutions pour compenser par ailleurs (sport, alimentation, assainissement de produits…) Est-ce vraiment un mal ?

Pour conclure : 

Merci à notre invitée pour toutes ces réponses. J’espère que cette interview pourra aider plusieurs d’entre vous, que ce soit en tant que personne atteinte par l’alopécie ou que ce soit en tant que professionnel, pour mieux comprendre l’alopécie et vos clientes touchées par ce souci. La psychologie est très importante à prendre en compte dans la coiffure pour accompagner au mieux sa clientèle dans tous les sens du terme.

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=> Vous pouvez également retrouver l’article “Chute de cheveux importante : comment faire ?” en cliquant ICI 😉

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